Les inégalités sociales sont autant d'inégalités de chances face aux cancers
Une étude de la Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques dresse un bilan des inégalités sociales face au cancer. Les personnes défavorisées développent plus de mauvais pronostic et plus de cancers évitables, questionnant l’efficacité des campagnes de prévention et de dépistage.
La Drees a étudié les associations entre catégories sociales en France et incidence des cancers. Elle s’est basée sur les données de l’EDP-Santé, une base qui croise les données démographiques de l’Insee et les données de consommation de soins et d’hospitalisation du SNDS.
Le cancer du poumon qui est de mauvais pronostic (survie nette à 5 ans inférieure à 33%) se développe plus souvent chez les personnes modestes : elles ont deux fois plus de risque de développer un cancer du poumon que les personnes les plus favorisées.
En revanche les cancers du sein et de la prostate sont plus fréquents chez ces dernières et sont de meilleur pronostic (survie nette à 5 ans supérieure à 65%).
L’incidence plus élevée de cancer du sein chez les femmes plus favorisées s’expliquerait en partie par des grossesses plus tardives et l’utilisation plus importante de contraception orale qui constituent des facteurs de risque. Les plus modestes développent également plus souvent des cancers susceptibles d’être évités, c’est-à-dire associés à des facteurs de risque connus.
Et lorsqu’un cancer survient, il est aussi plus fréquemment diagnostiqué à un stade avancé, y compris en cas de cancers pour lesquels il existe des dépistages. Par rapport aux 10% les plus aisés, les personnes appartenant aux 10% les plus modestes ont ainsi 1,7 fois plus de risque de développer un cancer de pronostic défavorable.
Enfin, les personnes les plus modestes voient leur cancer diagnostiqué plus tôt dans la vie que le reste de la population : 6 ans plus tôt pour les cancers du poumon (61 ans), colorectal (66 ans) et du sein (57 ans).
Référence :
Incidence des cancers : les personnes modestes développent plus souvent des formes graves, diagnostiquées plus tardivement
Drees, Etudes et résultats juin 2026 n° 1374
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